La série Louis Vuitton Pacifique a été accueillie avec enthousiasme parmi les équipes America’s Cup et aussi les amateurs de la Coupe.
Bruno Troublé, doyen de la Coupe Louis Vuitton et le cerveau de la série Pacifique a expliqué les intentions, les buts et les plans derrière cette nouvelle épreuve.
Pouvez vous expliquer comment l’idée a commencé et s’a réalisé et quelle était la motivation ?

Bruno Troublé: La Louis Vuitton Cup a 25 ans cette année ! Nous avons pensé que c’était notre rôle – notre devoir même– de mettre un peu de vie et de permettre aux équipages de naviguer grâce à un événement simple.Notre experience des ‘’Road to The Cup Regattas’’ in the 90s a été un élément déterminant.

J’ai proposé l’idée à Yves Carcelle et Pietro Beccari en juillet. Ils ont étés enthousiastes tout comme Grant Dalton à qui nous avons tout de suite présenté l’idée.

Le format de votre coupe ressemble à une mini America’s Cup ; une America’s Cup où la Néo-Zélande sera Defender. Est’ce que vous le voyez comme ça ; envisagez vous une regate qui pouvait éventuellement remplacer l’America’s Cup ?

Bruno Troublé: Il n’y a aucune intention malicieuse ! Nous n’avons PAS l’intention d’entrer en compétition avec l’America’s Cup , ni de la remplacer ! Nous l’aimons trop pour pouvoir, ne serait ce ‘’qu’envisager “une chose pareille ! Elle sera bientôt remise sur rails.

La "Louis Vuitton Pacific Series" n’a rien à voir non plus avec la Louis Vuitton Cup remise au challenger victorieux depuis 25 ans ; un trophée particulier sera créé pour cette occasion.

C’est par correction pour nos hôtes Neo Zelandais que nous avons proposé ce format particulier : pour le gouvernement central et pour Auckland, mais aussi pour ETNZ qui nous prête à tous ses bateaux de course.   

Même si elle ressemble à une mini America’s Cup, votre régate portera le nom prestigieux Louis Vuitton mais pas le nom « America’s Cup ». Le grand public -  dont la plupart ne peut pas aspirer à l’achat des marques LVMH - n’ont jamais manifesté beaucoup d’enthousiasme pour le « match racing », avec l’exception de l’America’s Cup. Est-ce que ca pouvait être un problème quand vous essayez d’attirer les chaines TV ?

Bruno Troublé: Je veux croire que la LV Cup existe en tant que telle !  Elle est très connue et je pense que Louis Vuitton a beaucoup de crédibilité.  Nous avons fait beaucoup, depuis tant d’années, en tous cas entre 1983 et 2003, pour faire de la Coupe ce qu’elle est aujourd’hui : un événement majeur du calendrier mondial. Louis Vuitton a été crée en 1854 ......seulement 3 ans après l’America’s Cup !

En ce qui concerne la couverture TV, pas de problemes ! Ce sera bien. Nous avons étés contactés par tous les Networks Néo Zélandais et plusieurs chaines en Europe. Le match racing à ce niveau et sur ces bateaux est un spectacle époustouflant !

Le mot « série »  donne l’impression de plusieurs venues et Salvatore Sarno a déjà parlé d’une régate Louis Vuitton Indien en Afrique du Sud. Est-il possible que nous pouvons aussi anticiper une série Louis Vuitton Atlantique et même Louis Vuitton Med ?

Bruno Troublé: Nous sommes très naïfs ! Nous avons utilisé le mot "Series" car nous ne voulions pas instaurer un malentendu en ajoutant une nouvelle "CUP". Il n’y a pas d’arrière pensée ! D’autres parlent maintenant d’autres projets du même genre. Pourquoi pas ? Attendons de savoir ce que va devenir la Coupe elle même et souhaitons que ces évènements comme la LVPS deviennent, à l’avenir, inutiles.

Les courses seraient dans le port de Waitemata donc le public peut entrer dans la proximité. Est-ce qu’il aura des événements et des attractions au quai, pour des familles qui n’ont pas grands amateurs de la voile ?

Bruno Troublé: Oui, Les régates seront disputées très près de la côte et du public. Elles seront limitées à 1 heure maximum. A terre nous prévoyons un village qui regroupera 3 bases de 2007. La ville va ériger un pont pour les piétons et le public pourra accéder très facilement depuis la ville.
Il n’y a pas d’enjeu important, pas de jupes ( pour les femmes : oui ! ), pas de gardes armés, pas de carte d’accréditation, mais des bars, de la musique, des couleurs et du bonheur !
Les Neo Zelandais connaissent la régate et aiment faire la fête. Vous pouvez compter sur eux ! Ce sera le plein été !

Est-ce que les bateaux porteraient le nom Louis Vuitton sur les coques et les voiles et est-ce que les épreuves seraient ouvertes aux autres sponsors ? 

 Bruno Troublé: Les bateaux sont ceux qui ont étés utilisés pour la Louis Vuitton Cup en 2007. Ils ne porteront pas de logos America’s Cup mais un logo LV en tête de grand voile.

Pour dire les choses de façon simple : la coque sera réservée aux sponsors de l’épreuve, la grand voile à chaque équipe participante et à ses partenaires. Chaque équipe naviguera avec un Gennaker A2 spécialement fait à l’identique pour l’occasion et qui portera ses couleurs et celles de ses partenaires.

Pouvez-vous indiquer le budget de Louis Vuitton ? Qui paye les dépenses : pour l’accommodation ; les voyages ; le centre media ….. LV ou Auckland ?

Bruno Troublé: Pourquoi toujours parler d’argent ! Très simple ! Louis Vuitton paye 70% d’un budget qui, grâce au concept , demeure raisonnable. Le Gouvernement Néozélandais et quelques partenaires comme SKYCITY (hôtel) complètent le budget.
Les voyages restent à la charge des équipes mais Christine Belanger négocie un accord avec une compagnie pour obtenir des tarifs spéciaux.

...Ce serait bien, pour changer !, de ne pas parler d’argent. Nous ferons les choses comme il faut les faire mais sans parler d’argent à chaque réunion !

A la conférence de presse monsieur le maire d’Auckland a applaudit l’opportunité pour Team Néo-Zélande de quitter les « high jinks » légales et fait ce qu’il fait mieux ; c'est-à-dire les courses à voile. Pensez vous que TNZ doit renoncer les poursuites judiciaires contre ACM/Alinghi et des autres ?

Bruno Troublé: A l’heure où j’écris ces lignes les belligérants se rencontrent en Californie. J’ai beaucoup d’espoir pour que la Coupe repartent sur de bonnes bases très vite. Bonnes bases ?? Ça veut dire une compétition équilibrée, donnant les mêmes chances à tous, pas trop couteuse, dans le respect des intentions des vainqueurs américains de 1851 qui étaient de vrais sportifs et non des businessman mercantiles !
Cette issue souhaitable obligera certainement les uns et les autres à quelques concessions.....

Selon Le Temps, vous avez dit « Louis Vuitton s'est retiré de la prochaine America’s Cup parce que nous ne souhaitons pas être considérés comme un sponsor, mais être coorganisateur comme ce fut le cas pendant vingt ans. » Je crois comprendre que, pendant ces vingt ans,  Louis Vuitton a payé les couts de la régate Louis Vuitton Cup et a remporté les profits. Après AC 32 les profits étaient distribués parmi, ACM, Alinghi et les challengers. Pensez vous vraiment que les challengers voulaient retourner à la situation avant AC 32 où ils ne gagnaient pas rien?

Bruno Troublé: Vous pouvez voir les choses comme ça... OUI, Louis Vuitton a toujours payé ce qu’il fallait pour organiser l’épreuve et donner le maximum de visibilité à tous à travers une organisation presse et TV efficace. Il n’y avait PAS de profits financiers. LV payait ce qu’il fallait mais n’en tirait bien entendu aucun profit financier.

Je suis de ceux qui pensent qu’on doit PRIVILEGIER la visibilité – par exemple en TV -  plutôt qu’un objectif de profits financiers qui nuit souvent à la qualité ou au niveau de visibilité.

Trois questions de fond :

1/ Est ce l’objectif essentiel qu’un événement sportif génère des profits ? L’argent ne doit il pas être investit totalement dans le succès?

2/ Croyez vous vraiment que les sponsors de équipes participantes ont le souci de récupérer une partie de leur mise ? NON, ce qu’ils veulent c’est une visibilité MAXIMUM et un apport en image.

3/ Croyez vous vraiment que les équipes ont récupéré beaucoup d’argent en 2007 ? ....Je n’en sais rien !

Vous avez plus de 20 candidats et déjà 8 équipages inscrits, c’est à dire que vous ne pouvez plus accepter personne. Comment faire ? Avez-vous une idée ?

Bruno Troublé: Nous travaillons, Grant, Christine et moi, sur une idée qui permettrait d'avoir une "paire" de bateaux de plus et ainsi de pouvoir accepter 12 équipages. Ce n’est pas facile car nous parlons là d’un événement d’une toute autre ampleur........

Merci, Bruno Troublé.
In addition to stories in this 33rd America's Cup section, you can read stories from the 32nd America's Cup . You will also find some older stories and interviews, from the last event, HERE.
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